Tout a commencé par une interview d’Elisabeth Badinter
parue dans un célèbre magazine féminin, interview sur laquelle je suis tombée en plein milieu de notre semaine écolo ; s’en est suivie une discussion avec un bon nombre de mes amies et collègues qui m’a fait réaliser à quel point le sujet était complexe et sensible.
Alors qu’hier avait lieu le centenaire de la très officielle journée internationale de la femme, comment résister à l’envie de relancer un débat qui ne cesse d’être actualité et nous concerne toutes ?
De quoi est-ce que je parle au juste ? De l’idée pas si saugrenue selon laquelle l’écologie et la crise sont en train de renvoyer les femmes dans leurs foyers.
Entendons-nous bien, je ne dis en aucun cas qu’être une femme au foyer est un mal, du moins tant qu’il s’agit d’un choix assumé. Ceci dit il y a de quoi se poser quelques questions, et depuis peu je fais ma tournée journalière des blogs avec un œil tout neuf : on y trouve des recettes enthousiasmantes pour réaliser soi-même de merveilleux produits d’entretien bio, des couches lavables ingénieuses faites en prime de jolis tissus, des tutoriels bluffants pour des écharpes de portage… Tant de bonnes idées qui au final tournent toutes autour d’une tendance générale: pour le bien de tous (de la planète, de nos enfants ou de ceux des autres, de notre santé, de notre portefeuille, du crémier et du chien de la crémière…) nous devons revenir aux méthodes traditionnelles de nos grand-mères !
Allons bon, tout à coup tout ce que l’on considérait comme un progrès serait donc à éliminer ?
Adieu couches, biberons en plastique et plats préparés, adieu précieux gain de temps, bonjour culpabilité.
Ceci dit, outre l’aspect « action citoyenne », cela peut avoir quelques côtés agréables, surtout quand comme nombre d’entre nous on apprécie les activités manuelles et le DIY*, mais comment faire si on travaille ? Parce que tout ça c’est drôlement chronophage quand même. Je le sais, j’ai admiré ma mère toute ma vie pour ça ! Ma mère donc, comme d’autres femmes de sa génération, était Superwoman en personne : un travail à plein temps, un mari très pris par son boulot, deux enfants du genre casse-cou et au solide coup de fourchette, une machine à coudre qui tournait raisonnablement, une grande maison à entretenir, à retaper aussi (c’est elle qui m’a appris à peindre et bricoler)… Au moment où j’envisage de fonder une famille, je me demande si je serais un jour à la hauteur, et voila qu’en prime je commence à sentir une sacrée pression puisqu’en plus de tout cela je devrais être New Superwoman, la même mais en plus écolo et économe.
En théorie, je vote pour, en pratique je ne sais pas comment je vais trouver le temps et, je l’avoue, cette idée me cause quelques angoisses.
Et quelque part au fond de moi il y a aussi une petite rebelle qui se demande pourquoi on jette l’opprobre sur les fabricants de couches trop polluantes, au lieu, par exemple, de les encourager à avoir une production plus écologique.
Bien entendu, l’idée de rester chez moi à m’occuper de mes éventuelles futures merveilles tout en leur cousant de délicieux vêtements n’est pas pour me déplaire, mais mon petit doigt me dit (à tort ou à raison) que tout cela relève plutôt du fantasme et qu’en vérité je me retrouverai rapidement en train de tourner en rond, désespérée d’avoir perdu mon indépendance financière, avec des minots qui trouveront vite ringard de porter des vêtements homemade alors que leurs copains ont tous des tenues à la mode achetées en magasin.
A ce stade, il y a un chiffre important à rappeler: 27 %.
C’était en 2006 l’écart de salaire moyen entre hommes et femmes en France. Dans ces conditions malheureusement, quand la charge de travail à la maison est trop importante et qu’on décide que l’un des conjoints doit arrêter de travailler, la question n’est pas forcément de savoir qui en a le plus envie mais simplement quel salaire est « dispensable » ou qui a le poste le moins intéressant, et c’est souvent la femme qui quitte son travail.
Je causais plus haut de discussions que j’ai eu avec des amies et « collègues », toutes adeptes du DIY* ; il en ressort une crainte générale de perdre l’idée de coudre/tricoter/cuisiner pour le simple plaisir : du loisir on risque de passer sans s’en rendre compte à un genre d’esclavage entretenu par une idée de perfection, à force de surfer d’un blog à l’autre (car oui, nous formons une petite communauté soumise aux même codes que le reste de la société, et si la majorité affirment que faire les choses d’une façon est bien, il peut être difficile d’aller à contre courant).
Certaines évoquent également le retour au manuel comme une opposition à l’héritage féministe de nos mères parfois lourd à porter, une façon de se démarquer. Il en est de même de la volonté affirmée d’être mère au foyer, quand ce n’est pas forcément le travail le plus valorisé qui soit par nos mères elles-mêmes.
Voila, je viens à vous avec beaucoup de sujets de réflexion
mais aucune réponse, simplement l’envie d’en parler, d’apprendre quelles sont vos expériences, vos avis sur le sujet. Je suis certainement passée à côté de pas mal de choses, peut être trouvez-vous que j’ai des idées préconçues sur le sujet… C’est le moment de vous jeter sur votre clavier : tout le monde a son mot à dire, l’équipe de T&N est là pour vous écouter.
* DIY : do it yourself, c’est à dire « fait maison ».
Commentaires
Merci beaucoup pour ce sujet.
C’est un peu le quotidien de mes réflexions depuis la naissance de ma fille il y a deux mois.
Je en suis pas en opposition avec le modèle de ma mère qui avec 5 enfants très rapprochés a mené une carrière, continué à coudre, dessiner, cuisiner… Mais je ne me sens pas tout à fait capable de faire aussi bien qu’elle.
Alors parfois je me mets à rêver d’une vie de femme au foyer qui fait un maximum de choses moi-même. Sauf que dans le fond ça ne me correspond pas.
C’est un vrai dilemme qui serait moins difficile si la société offrait aux femmes des boulots dans lesquels elles trouveraient un équilibre personnel, professionnel et financier. C’est pas gagné!
J’ai la chance d’avoir un boulot relativement bien payé et qui me plait énormément (enseignante…et NON, je ne fais pas « que » 24h par semaine…mes journées à l’école c’est 7h45-18h en moyenne, sans compter les « à-côtés ») donc rester à la maison pour/avec mes petits, ça ne me tente pas. Mais je n’ai pas encore d’enfants, alors je peux rester assez égoïste dans mes choix.
Quand viendra l’heure d’agrandir la maisonnée, évidemment que je ferai tout pour que TOUT soit bien (la bouffe m’enfin c’est pas mon fort, les mômes, la maison mais le ménage non plus c’est pas mon fort hé hé , etc.) mais pas non plus en total abnégation de ma personne. Alors, oui, ça parait hyper égoïste, mais moi je dis NON à l’esclavage ! Que ça soit ma maison, ma famille, mes enfants, mes loisirs, mon boulot….tout doit avoir sa place, et je dois pouvoir trouver un équilibre satisfaisant là-dedans. Sinon… bonjour les antidépresseurs :-/
Évidemment, c’est purement et complètement subjectif, et chacun a un équilibre totalement personnel à mettre en place avec toutes les contraintes qu’il peut avoir…
Perso je suis maman au foyer. Ce n’était pas un choix au départ mais je crois qu’avec le temps qui passe je suis heureuse et épanouie dans ce rôle. Je suis quand m^me amenée à faire le marché récolter les légumes car je suis femme de maraîcher. La seule chose qui est difficile à supporter ce sont les remarques débiles portant sur le statut de fainéante de la femme au foyer… je crois que toutes les femmes ne sont pas faites pour rester à la maison et que ce doit d’être un choix. Par contre si ,la femme au foyer avait sa place dans la société ce serait quand même plus juste. Je crois que c’est ça au fond qui fait que certains femmes travaillant considèrent cette fonction comme dégradante.
Ah, que je suis contente de te lire, et de voir que je ne suis pas la seule à m’interroger sur ce paradoxe … Je n’ai pas lu le livre de Mme Badinter, mais je l’ai entendue dans plusieurs émissions, et, pour ce que j’en ai compris, elle se bat surtout pour que les femmes aient le CHOIX. Le choix d’être carriéristes ou femmes au foyer, le choix de prendre des couches jetables ou lavables, sans être jugées mauvaises ou bonnes mères. Pour moi, c’est celà que les nouvelles femmes que nous sommes doivent défendre, et pas l’une ou l’autre façon de penser.
Je suis très sensible à l’écologie, et, par mon boulot, je suis souvent amenée à me questionner sur la façon dont notre société élève ses enfants, les valeurs qu’on leur propose. Et j’avoue me surprendre à avoir régulièrement des pensées dignes de ma grand-mère, du type : « qu’est-ce que ça devait être bien, avant! ». Ben oui, on ne consommait pas tant, on allait se promener les dimanches à vélo, on mangeait de vrais légumes, on rallongeait ou raccourcissait les robes selon la mode au lieu d’en acheter 15 par mois,… et pourquoi? Ouioui, sans doute en grande partie parce que les femmes ne travaillaient pas, ou plutôt, parce que c’était ça, leur travail : s’occuper du logis, du bien-être des marmots et du mari, en faisant certainement souvent passer leurs ambitions à l’arrière-plan.
Alors c’est vrai, je ne sais pas comment je ferai quand je serai mère, mais j’ai peur de me mettre une énorme pression pour réussir à être cette femme parfaite, qui doit être une maman, une amante et une employée à la fois, et qui doit savoir jongler entre écologie et progrès. Et, qu’il est difficile de se détacher du modèle de sa propre mère, qu’on s’efforce de le suivre ou qu’au contraire on choisisse son opposé! D’ailleurs sans être mère, juste en tant que femme, je nage déjà en plein dans ce dilemme!
Mais finalement, qu’en est-il des hommes? Eux aussi sont cantonnés depuis des siècles dans le rôle du fort qui ramène les sous, et peut-être que nous pourrions réussir à faire évoluer les choses de façon à ce que les hommes, eux aussi, aient le choix. On arriverait peut-être à un équilibre?
J’ai un peu suivi le fil de ma pensée, ce n’est peut-être pas très constructif et un peu trop long, comme intervention, mais bon, je suis en pleine réflexion sur ce sujet depuis quelques temps. Donc MERCI du sujet!!
Ma position risque de choquer : je n’ai pas la fibre maternelle, j’aime ma vie telle qu’elle est. Je vous jure que c’est encore plus mal vu que les femmes au foyer et source des suspiscions les plus variées.
« mais mon petit doigt me dit (à tort ou à raison) que tout cela relève plutôt du fantasme et qu’en vérité je me retrouverai rapidement en train de tourner en rond, désespérée d’avoir perdu mon indépendance financière, avec des minots qui trouveront vite ringard de porter des vêtements homemade alors que leurs copains ont tous des tenues à la mode achetées en magasin. »
C’est exactement ce que je me dis depuis peu. Alors que j’expliquais à ma petite soeur pourquoi j’aimais coudre etc… elle me dit « je plains les gosses que tu auras! Heureusement y aura leur tata pour leur acheter des vrais fringues à la modes et les emmener à McDo »
Et d’un coup, le flash! Je me suis revue, il y a deux ans, en train de regarder une émission télé sur des parents bio et leur progéniture élevée comme Laura Ingalls. Qu’est ce que j’avais ri et plains ces pauvres gamins en décalage total avec leur époque!
Ce qui m’a amené à penser que oui éco-bio-bobo c’est sympa mais ignorer les réalités de notre planète et laisser nos futurs enfants en dehors de la société de consommation, c’est les précipiter dedans non armés dès qu’ils partiront de chez nous.
Réflexion hautement philosophique. Attention messieurs-dames! Attention! Sans les mains et sans expérience des enfants je vous livres mes conclusions sur tout cela:
Alors du home-made oui, surtout quand ils sont tout petits. Mais en grandissant autant leur laisser le choix. De la bouffe bio et saine à tous les repas? Pourquoi pas. Mais bon autant rester dans la limite du raisonnable, c’est pas un McDo ou un Quick de temps en temps, qui va les tuer. Et même s’il réclame des malabars et des oursons en gélatines, je crois que je serai rassurée.
Quant à la place de la femme foyer? pas foyer? Je pense que la complexité de la question vient surtout du fait que malgré les années de féminisme, l’image de bobonne torche les mômes et fait la vaisselle reste profondément ancrée dans nos inconscients. Et on se sent coupable de trahir des années de lutte pour l’indépendance (ouh là on dirait que je parle d’une colonie qui se serait débarrasser de son despote). Et je crois que même nos filles et nos petites filles galèreront autant que nous à résoudre ce point épineux.
(ouah!!! Saki tu m’as grave inspiré!)
Personnellement, ce qui m’étonne dans tout cela, c’est encore une fois l’homme qui brille par son absence dans la discussion. Quid des hommes au foyer, du partage des tâches ?
Je conserve, en lisant tout cela, la désagréable impression que dans notre société c’est encore à la femme de tout gérer : choisir entre travail et famille, assumer le quotidien… Même si nous (les femmes) avons désormais le choix, je trouve que cela reste un choix étriqué, limité, certainement conditionné par la meilleure réussite professionnelle des hommes en général.
Pour moi la question ne se pose pas : j’aime la (les) direction(s) que prends ma carrière professionnelle et ne souhaite pas jéopardiser mon avenir de sitôt : ce sera donc pas de famille, ou une famille fondée avec quelqu’un qui accepte de conditionner le partage des tâches domestiques à l’aune de la quantité de travail « pro ».
Moi pas de souci du côté de l’homme, c’est moi la carriériste du couple. Et il partage les taches ménagères (bon je râle un peu mais on y arrive).
Concernant « l’homme au foyer »…si on avait les moyens (ben oui mais de nos jours qui peut prétendre avoir un salaire suffisant pour faire vivre toute sa famille ?), c’est Cher et Tendre qui resterait au foyer (il fait déjà beaucoup les tâches ménagères, puisque moi je déteste…^^’). On en a discuté plus ou moins sérieusement… Et on est tombé d’accord là-dessus sans problème
mais si ça devait/pouvait se faire, j’imagine même pas les regards portés sur lui par notre entourage… :-/ Si pour une femme, rester au foyer c’est difficile, alors un homme…o_0
Personnellement, et vu le comportement sexiste de mon chef, j’aimerai bien pouvoir démissionner de ce mi temps merdeux qui n’évoluera jamais en plein temps. Et oui, c’est à ce point ! Et comme mon responsable de secteur et les salariés qu’ils ont forgés ne sont guère mieux, je n’ai aucun répit au boulot… bonjour l’ambiance ! Alors oui, la question du choix est important : il s’agit de faire soi même le choix de ce qu’on fait de sa vie. Parfois (souvent (encore plus quand je suis au boulot)), j’aimerai pouvoir m’arrêter de me flinguer le moral et de passer à autre chose. J’aimerai avoir le temps de coudre, fimoter, flaner, peindre, lire, écrire, et surtout, m’investir bénévolement dans une structure qui me tient à coeur avec laquelle je partage un certain nombre de valeurs. Mais portefeuille et insécurité financière obligent, je retourne bosser encore et encore !
Je voulais dire exactement la même chose que Nessie… Ce qui me choque énormément dans tout ça et ce que dit E. Badinter (et j’aime beaucoup ses idées généralement) c’est où sont les hommes ? Pourquoi serait-ce à la femme de faire le choix des couches lavables ou de la nourriture bio ?
J’ai juste à regarder autour de moi et les « écolo-bios » ce sont généralement des couples. Des amis qui font des choix en commun pour leur enfant. A aucun moment je ne vois les femmes cantonnées à la maison, ce sont vraiment des choix à 2 et les 2 participent aux choix qu’ils ont fait.
Par contre je pense que ce qui est pointé c’est le choix. Que chacun/chacune puisse avoir le choix sans se faire juger…
Je ne me suis pas relue avant de poster et mdr… disons qu’on a compris que mon idée de base c’est le CHOIX lol
Je suis tout à fait d’accord avec nessie. Moi aussi, l’absence de l’homme m’a un peu choqué dans les messages ^^; (Et non, ce n’est pas QUE parce qu’elle est ma chiwie, d’abord)
Je veux des enfants plus tard, pour diverses raisons plus ou moins rationnelles, mais une chose est sûre : n’ayant pas moi-même connu de père ( le mien s’est avéré irresponsable ), je me suis juré depuis toujours de ne jamais faillir devant ma future progéniture. Ce que je veux dire par là, c’est que si un jour je fais des enfants, ce ne sera pas simplement pour jouer au Base Ball dans le jardin de notre petite maison de banlieue (J’adore les clichés américains), mais aussi pour torcher un cul nauséabond, pour se lever à pas d’heure la nuit, et autre joyeuseté.
Je serai prêt, je pense, à faire des efforts et des sacrifices, et je pense que beaucoup d’hommes sont prêts à en faire plus que vous ne le croyez.
Je ne dis pas que tout est rose, mais je crois que la lutte pour l’égalité des sexes de notre génération sera différente de celles de nos mère, en ce sens que la nouvelle révolution sexuelle n’est plus seulement inter-genre, mais aussi entre les femmes elles-mêmes.
Je crois qu’il vous est difficile de reprendre le modèle « supermaman » de la génération précédente, parce qu’il n’est plus un bon modèle. A l’époque, elles voulaient prouver qu’elles étaient l’égale des hommes, qu’elles pouvaient assumer des responsabilités, et elles ont donc du cumuler celles que la société leur donnait (maternité, tâches ménagères), et celles qu’elles désiraient obtenir (carrière, indépendance, etc).
Aujourd’hui, cette lutte acharnée a payé : les femmes ont le droit de voter, de travailler, de prendre leur propre décision sans avoir à systématiquement se référer à un mari omnipotent.
Est-ce encore nécessaire pour les mères de devoir tout faire si elles font le choix d’une carrière ?
Aujourd’hui, cette image de wonderwoman est devenu une icône sexiste, une arme contre la liberté féminine ; en effet, que nous dit la société ?
Femme, travaille si tu te le sens, et surtout, si tu en es capable avec tes gosses à nourrir. Mais si ça te fait devenir une mauvaise mère, ben reste au foyer et arrête de rêver.
C’est là qu’est le combat aujourd’hui ! C’est là qu’il faut dire à tous les esprits conservateurs que non, si on n’arrive pas à tout assumer, son compagnon est là pour aider, parce qu’une famille, bon sang, ça se fonde à deux, et qu’il n’y a pas de raison !
Nous (les hommes) devons faire plus de sacrifices, nous devons également assumer une part de ce fardeau, que ce soit par le ménage ou la garde des enfants. Malheureusement, ça ne se fera pas comme ça, et il faudra encore être vigilant…
Et faisons attention à notre époque, qui a tendance à reléguer le féminisme au rang d’ancienne mode un peu ringarde, un peu ridicule, seulement pratiquée par quelques femmes aigries et à la sexualité discutable.
Désolé pour le pavé >.<
Où sont les hommes ?
L’homme est toujours là, parfois on ne peut pas décrire exactement ce qu’il fait pour nous « aider ». Mais il est toujours présent. Des fois, il est plus manuel, alors il s’occupe de l’extérieur, bricole… Parfois, il est plus « poule » alors il s’occupe du bain des enfants, joue avec eux, fait leur devoir, parfois il est plus « absence », alors il travaille beaucoup, ne voit pas beaucoup sa famille et même si ça le chagrine, il se dit qu’avec l’argent qu’il gagne sa famille peut vivre sans se soucier…
Beaucoup de portraits d’hommes peuvent être fait mais il y a toujours un homme.
Moi je dis merci aux hommes… On les aime nos hommes, non ???
Merci mon homme
J’ai la chance d’avoir un Cher et Tendre aussi ouvert que Kaptha, ce qui crée une certaine harmonie et entraide dans toutes les taches ingrates.
Luuna -> Content d’entendre ça
Kaptha : Ouaip ! Contente aussi que ce soit le cas, sinon, je pourrais pas !!! La vie à deux serait un enfer !
J’ai de la chance moi aussi car mon mari qui est maraîcher et donc a un travail difficile mais quand même. Il sait toujours quand j’ai besoin de lui et lui de moi. C’est ce qui rend les choses possible.
Le modèle super maman, j’ai essayé et j’en suis revenue crevée, fatiguée,….c’est usant et illusoire puisque la perfection est toujours un pas plus loin quoiqu’on fasse !
J’ai 40 ans, 2 garçons de 5 et 10 ans, et j’ai enfin compris que comme dans tout il faut prendre de la distence. Je travaille en semaine volontaire de 4 jours et étant finanièrement dans l’impossiblité de pouvoir assumer un mi-temps, c’est mon activité complémentaire d’animatrice en loisirs artisitiques que je mets entre paranthèse le temps de me refaire une santé.
Avec mon mari nous avons opté pour les couches lavables, le potager, une cuisine variée et si possible saine, …, c’est un choix commun. Il m’aide énormement à la maison mais assez curieusement j’ai quand même l’impression de porter le tout sur mes épaules puisque la mise en musique, l’organisation de notre petit monde est souvent de mon fait. Sans compter que même avec de l’aide du conjoint, il existe encore dans de nombreux domaines des contraintes, des pressions qui font que c’est la femme qui est mise en avant en ce qui concerne la gestion de la famille.
J’ai un beau diplome, un bel emploi relativement passionnant et que j’aime bien, une activité secondaire que j’adore, mais aussi et surtout une furieuse envie de me poser.
Alors le DIY…oui…..mais je le répète, à condition de garder une certaine mesure etde ne pas se laisser dépasser, de ne pas se mettre de pression inutile !
J’ai auprès de moi un Dou semblable à Kaptha, les tâches ingrates (et même les autres) sont faites à 2.
on a fait le choix du bio, du home made, du potager et du compost. Par contre, ce choix s’est fait à 2, du coup, on est autant impliqué l’un que l’autre. Le home made reste un loisir, et non pas une contrainte…mis à part pour le tricot, car je suis allergique aux matières synthétiques, du coup c’est plus simple de me tricoter mes pulls, gilets et accessoires. Personnellement, je le vis bien, car je ne porte pas tout sur mes épaules.
Je crois qu’on met vraiment la pression sur les mères, sans pour autant remettre en cause le rôles des pères et leur implication dans les tâches ménagères, l’éducation des enfants. Combien de mecs de ma génération (25ans) disent « je sais pas faire! » « j’ai jamais appris » « de toute façon, tu fais mieux que moi », se dédouanant ainsi des corvées?!!! Ben, oui, j’en ai entendu un paquet dire ça…et la société est censée avoir évolué! Je crois que le féminisme passe aussi par les hommes. non?
Moi aussi en lisant les commentaires, je me disais « on ne parle pas des hommes c’est marrant », c’est la femme qui doit prendre les décisions, agir, réagir et subir
« Tu fais ce que tu veux chérie, je ne t’oblige pas, c’est toi qui vois, mais bon c’est vrai que ça serait mieux » 
Bon j’ai pas envie de débattre à nouveau sur le sujet car on l’a déjà fait en apparté. Mais de ma vision, au départ j’ai eu du mal à accepter mon statut, je commence à y prendre de plus en plus goût. Mais je pense qu’avec la meilleur des volontés on ne peut pas etre parfaite à tous les niveaux. C’est soit on est axé, ménage bouffe, bien être des enfants. Soit on se la coule douce et on pense qu’à soit. On laisse de côté menage, on bouffe des boites mais on le vit bien. Soit on est créative, on essaye de trouver du temps pour soi, pour se faire plaisir en créant, un peu de menage, un peu de bouffe, on s’occupe des enfants et les journées passent et repassent. Mais meme si on le voulait, on peut pas tout faire en meme temps. S’occuper des loulous, faire le menage, préparer ces confitures, ces macarons, ces bons petits plats etc, créer etc. Je pense que le côté femme au foyer se vivrait mieux et plus sereinement, si on avait pas le cerveau embuée par l’angoisse de ne pas s’en sortir financièrement. On aurait l’esprit livre pour avancer l’esprit tranquille. Et puis juste un exemple, les couches bio, c’est bien, mais si vous commander du tissu qui vient du bout du monde, ça devient vite moins ecolo, donc ne culpabilisez pas. Y’a pas de jugement à faire, le principal c’est de se sentir bien dans ce qu’on fait. De le faire au mieux, dans la limite de ce qu’on peut et que ça reste un plaisir. Merci Saki, j’ai adoré !
Merci d’avoir lancé ce sujet. En effet, depuis la sortie de ce livre, je m’interroge beaucoup sur ces sujets. J’ai acheté ce livre et je l’ai lu. J’ai aussi lu de nombreuses critiques à l’égard de son auteur.
Je pense qu’effectivement, le discours est plus tourné sur le choix que sur la dichotomie carrière/foyer ou tout fait/DIY.
Cependant, Elisabeth Badinter souligne un point à ne pas négliger : aujourd’hui, en devenant femme au foyer, on s’expose à une fragilité qui n’existait pas ou peu au temps de nos grands-mères. Le divorce. A une époque où l’individualité a pris tellement de place que le couple et la famille en sont passés au second plan, est-il bien raisonnable d’être dépendante financièrement ? Il est facile de s’acheter une nouvelle robe quand la mode change. Il est tout aussi facile de changer de conjoint quand ça ne va plus (n’oublions pas, un mariage sur deux). Et quel avenir pour une femme qui ne travaillerait plus depuis 10 ans ? Quand bien même serait-elle diplômée, son retour à l’emploi s’avérera souvent très problématique.
Quand j’écris cela, j’ai des exemples très précis en tête : des femmes de 30 ans qui voudraient retrouver leur indépendance, avoir le choix, mais qui ne l’ont plus, des femmes de 50 ans qui se retrouvent acculées à reconquérir une indépendance librement abandonnée.
Un autre point que je ressors à la lecture de l’essai, est le choix d’avoir des enfants. J’ai 30 ans et je n’ai pas d’enfants. A aujourd’hui, c’est un choix. Et j’avoue que la pression sociale commence à être réellement pénible. Pour tous, il est normal de me dire qu’il faudra que je change de voiture quand j’aurai des enfants, que j’ai raison de profiter des voyages car, avec des enfants, c’est moins facile. Dans l’esprit des gens, ça ne fait pas de doute. J’ai 30 ans, je vis en couple donc je dois avoir des enfants. J’ai essayé de poser mon point de vue, mais on m’a répondu « oh, tu as encore le temps, tu changeras d’avis ». Aujourd’hui, j’en suis à dire de moi-même « pour l’instant, c’est non, mais je me laisse encore quelques années pour y réfléchir ». Je sais très bien qu’on ne va pas tarder à me parler d’horloge biologique. Mais de quoi les gens se mêlent-ils ? La maternité est du domaine de l’intime et je trouve qu’on la met de plus en plus sur la place publique. Pire que cette exposition, on juge la femme par rapport à son lien à la maternité. Si être une bonne mère est d’assouvir tous les désirs de son enfant, d’être mère avant tout, alors, non, je ne signe pas.
J’ai lu dans vos commentaires que E. Badinter ne parlait pas des hommes. Si je me souviens bien, elle écrit que, globalement, le partage des tâches au foyer n’a pas évolué. Globalement. Ce n’est pas vrai chez moi et ce n’est peut-être pas vrai chez vous. Mais, en moyenne, c’est vrai.
A propos de l’absence des hommes dans la discussion, je remarque autour de moi que peu de jeunes mères sont capables de laisser une place au père. Ces messieurs se retrouvent souvent un peu perdus dans les mois qui suivent la naissance, n’arrivant pas à trouver leur place. Je présume qu’à un moment, ils baissent les bras et reprennent la position qui était celle de leur grand-père. Bien entendu, je ne cherche pas à faire une généralité, j’ai juste observé autour de moi. Mais je me demande dans quelle mesure certaines femmes laissent les hommes s’impliquer dans certaines tâches.
J’ai envie de continuer à vous parler parce que ça me passionne, parce que ça m’interroge moi et toutes les peurs et les désirs qui m’habitent.
Au fond, je pense que nous parlons juste de l’utilisation de notre libre-arbitre. Libre à une femme d’avoir des enfants ou non. De travailler ou non. De s’impliquer dans les tâches ménagères ou non.
Libre à un homme d’avoir des enfants ou non. De travailler ou non. De s’impliquer dans les tâches ménagères ou non. Libre à chacun d’accepter le désir de l’autre ou de partir.
Dis moi Céline > j’aime ton dernier paragraphe
Sujet hautement délicat ! Quelques réflexions désordonnées :
J’avoue que cette E. Badinter m’a surtout fait rugir avec son incompatibilité infondée entre féminisme et écologie. L’achat d’un lave-vaisselle pour libérer madame de la tâche quotidienne de la vaisselle ne constitue absolument pas une victoire féministe, je trouve ça complètement machiste, à vrai dire ! (sans compter l’outrage écologique). C’est le problème avec les féministes actuelles, elles ne font qu’entretenir la différence entre hommes et femmes sous couvert de la combattre.
Le progrès, on voit aujourd’hui où ça nous a mené, et où ça nous mène encore. Pollution, stress, surconsommation, vie à cent à l’heure, toujours plus. Je crois que ce problème n’est pas l’affaire des féministes, mais l’affaire de tous.
Le secret est bien là : ne pas vouloir en faire trop. Pourquoi s’obstiner à être supermaman, ou superparents, quand on peut être juste parents ? D’accord, je n’ai pas d’enfants, mais ça ne m’empêche pas d’avoir un avis, et des exemples dans mon entourage. Je pense qu’il est tout à fait possible de gérer une vie de famille sans sombrer dans l’ultraconsumérisme et l’ultramatérialisme comme seule solution à notre manque de temps, d’argent, de disponibilité. L’essentiel est de ne pas chercher à remplacer, mais à changer, à faire autrement, à proposer moins mais mieux. Proposez moins de vêtements aux enfants, mais des vêtements faits main, de meilleure qualité, et de grande valeur. Proposer moins de jouets à cent mille dollars, mais des ballades, des histoires, des inventions. Proposez moins de chocomiam mais faire un gâteau au chocolat. Privilégier le « faire » sur l’ »avoir ». Sans oublier les vides-greniers et autres foire à la puériculture qui se tiennent pratiquement toute l’année (en tout cas en Bretagne).
Quant au rejet éventuel par les enfants de cette éducation, je le crains aussi beaucoup, et je pense que tout se joue dans la teneur du message transmis. Expliquer les conséquences de nos actes, sensibiliser, éviter la frustration (et donc, la tentation).
Enfin, envisager ce débat sous un angle féministe, c’est en faire l’affaire des femmes, et donc ignorer les hommes. Qu’on ne vienne pas se plaindre après…
Ah là là, quel vaste sujet…
Je suis maman au foyer par choix et en ayant dû pousser un peu-beaucoup pour le devenir (merci ancien-chef de Chéri d’avoir été odieux avec lui, ça a aidé…). Ca fait 2 ans et demi et je m’éclate toujours autant.
Des jours c’est pas facile, car je n’attend/demande aucune aide de mon homme pour la maison. Et des jours c’est topissime. Comme tout boulot. D’ailleurs, ma fille l’a bien compris « papa travaille à l’usine, maman travaille à la maison ».
Pour ce qui est du DIY, je compartimente naturellement : en cuisine, c’est emmiellant au possible de faire à manger deux fois par jour mais j’adore faire de la pâtisserie (et je ne m’oblige jamais à en faire. On trouvera bien un truc à grignoter si je fais pas de gâteaux) ; en couture, je me fais plaisir sauf quand il faut réparer/faire des ourlets de pantalons… Le seul truc auquel j’ai du mal à trouver du charme c’est le ménage (car j’adore les piles de linges repassés/pliés… passons, c’est mon côté maso
)
Le principal est de ne rien regretter ! (je ne regrette qu’une chose : ma femme de ménage… gros soupirs…)
Après, il y aura toujours quelqu’un pour trouver à redire de nos choix… J’ai une tante (50 ans, qui a quitté le nid familial à 40 ans, sans enfant ni compagnon) qui m’a quand même regardé droit dans les yeux pour me dire que la maternité était totalement aliénante…
Quel sujet prenant ! Moi, j’ai beaucoup de questions à l’heure actuelle…
J’ai 25 ans, un super diplôme, pas de travail, un chouette chéri qui travaille, et à qui j’épargne donc pour le moment les tâches ménagères, envie d’avoir des enfants, j’aime le DIY…
Quand je vois ce qu’a été la vie de mes grand-mères et de ma mère, il est clair qu’il y a eu une évolution : grand-mère paternelle est venue vivre chez la famille de son mari à la ferme (tenue d’une telle main de fer par arrière-grand-père Le Sévère qu’elle a même fugué deux fois !), grand-mère maternelle vouait une admiration (adoration, même) pour grand-père maternel… et maman a décidé d’être mère au foyer quand elle a capitulé devant l’absence de boulot. Elle a repris une activité à 50 ans (assistante maternelle), après qu’on lui ait assené violemment qu’elle était irrécupérable, à son âge !
Etudiante, je me projetais assez bien en femme active, jonglant sereinement entre boulot, enfants, loisirs… etc. Oui, je suis optimiste. Maintenant je suis au chômage, et tout a changé, j’ai l’impression de toucher du doigt ce qu’a vécu ma mère, et je me pose beaucoup de questions, sur le partage des tâches, sur les décisions à prendre à deux, sur la liberté réelle des femmes à choisir…
Sinon, il y a une chose qui me choque, c’est la capacité des discours éco-bio-tralala à nous faire culpabiliser. Récemment, une amie que je n’avais pas vue depuis longtemps, et qui est pro-bio-écolo m’a fait remarqué que « les oranges, c’est pas vraiment un fruit de saison… » sous-entendu « et tu as pensé à l’impact carbone généré par le transport de ces fruits, et à la mort de l’agriculture de proximité… » Ben moi, j’assume. Parce que les oranges, c’est mieux que des pilules à la vitamine C. Et cette même amie qui me sort « eh bien, c’est pour quand le bébé, ça fait quand même un bout de temps que vous êtes ensemble, D. et toi ?… »
Voilà mes réflexions un peu en vrac. Je suis d’accord pour dire que les hommes ont assurément leur place dans le débat, et que l’intervention de Chiwi de Nessie devrait être suivie d’autres ! Oui oui, les chéris, Thread and Needles, ce n’est pas que de la couture…
En fait ce sujet m’a interpellée moi aussi plusieurs fois, et j’en suis venue à la même conclusion. On essaie de renvoyer la femme à la maison. Ma mère était femme au foyer, et je suis ravie qu’elle l’ait été. Cela correspondait à un choix volontaire de mes parents, et il est vrai que l’avoir toujours auprès de nous à la maison était un plus indéniable pour notre éducation. Moi, je n’ai pas fait ce choix. Je tiens à vivre aussi hors de chez moi, et à avoir une certaine indépendance financière. Mais comment caser l’éducation de mes deux enfants, dont un est dysphasique, un travail, un mari, une maison à entretenir, et mes chers loisirs (couture, peinture, cuisine, etc…) ? J’ai donc décidé de travailler à 80 %, ce qui me laisse du temps. Rester à la maison, pour moi, ferait que mes loisirs deviendraient vite une corvée je pense. Je couds des habits parce que je trouve cela amusant, et je peins des toiles pour orner mes murs, mais je n’ai aucune contrainte, de temps ou de nécessité. Je pense ainsi avoir trouvé mon équilibre. Mais c’est à chacune de faire son choix, et je pense sincèrement qu’être une femme au foyer ou une maman qui travaille sont deux solutions aussi valorisantes l’une que l’autre.
Wouah ! Super cet article et cette discussion ! Je viens ajouter mon petit grain de sel.
Après les 2 ans de ma première fille, j’ai repris le travail alors que mon homme ne travaillait pas, nous avons donc « échangé les rôles », j’étais très heureuse de reprendre une activité en dehors de la maison et il s’est régalé de faire le papa poule. Je pense que c’était une très bonne expérience et j’étais très heureuse qu’il partage tout ce temps de la petite enfance avec notre fille. Notre entourage trouvait ça super et quelques amis « père » enviaient même sa place .
Aujourd’hui je suis maman à la maison de notre deuxième fille, je me sens très bien et je compte bien prendre les 3 ans de congé parental. Je dis ça aujourd’hui, mais je ne reste pas bloquée dessus, peut être arrivera plus tôt le moment où j’aurai envie de reprendre la vie « active », ce temps avec ma fille à la maison me permet aussi de faire un bilan sur ma vie professionnelle et de voir arriver de nouveaux projets.
Coudre pour mes filles est un vrai plaisir et encore plus parce que l’ainée est en demande, alors j’en profite ! Sûrement qu’il arrivera vite le temps où elle voudra le même pantalon de marque que toutes ses copines et je pense bien qu’elle aura son pantalon de marque… et puis arrivera aussi sûrement un temps où elle voudra de nouveau du « handmade », etc …
Je rajoute un petit mot pour les mamans qui travaillent beaucoup et qui culpabilisent parfois, je remarque il vaut mieux passer une heure avec ses enfants en leur accordant 100% d’attention, qu’une demi -journée auprès d’eux tout en faisant autre chose, sans être réellement disponible…
Je suis de la génération des « supermamans » (je n’ai pas été super) et je voudrais toutes vous remercier car vous m’avez « remonté le moral ».
Je m’inquiétais d’un certain recul surtout dans l’esprit des jeunes femmes qui abandonnent le travail et donc leur autonomie pour rester à la maison sans considérer les risques pris pour elles-mêmes et pour les femmes en général : le coût des séparations, le fait d’élever seule ses enfants et le frein aux carrières des femmes car elles sont femmes et sont, ou peuvent devenir, mère.
Et tous vos commentaires passionnés, percutants me rassurent.
Il y a eu beaucoup de chemin parcouru et le plus long a été, pour moi, fait par les garçons : ils ont vécu avec des mères qui travaillaient et n’ont donc pas l’image de la femme au foyer comme nous l’avions dans les années 70 , même si nous avons un peu failli dans leur éducation nous les mères.
Je suis très confiante dans cette génération qui fait beaucoup d’efforts pour trouver sa place.
Alors ne baissez pas les bras et continuez d’avancer ensemble,
Et continuez à faire la couture qui vous plait !
Pour celles que ça intéresse, il y a un débat dans le dernier numéro de « Philosophie Magazine » qui oppose les philosophes E.Badinter et C.Habib : « …pour l’une, les femmes doivent refuser la tyrannie de la maternité ; pour l’autre, être mère reste le foyer de l’identité féminine… ».
Pour ma part, je pense que l’on a fait un raccourci des propos de Mme Badinter dans certains médias et que l’on a détourné ses propos : elle plaide pour la liberté des femmes, le refus d’une certaine idéologie et pour une réflexion autour des choix (notamment autour de l’enfantement, du maternage…) pour mieux les assumer.
Je suis mariée, sans enfant, je travaille à temps partiel par choix (bien que cela risque de changer très bientôt du fait de la situation professionnelle de mon Mari…) et en effet, comme le dit Infinitudes (et E.Badinter !) « c’est encore plus mal vu que les femmes au foyer et source des suspiscions les plus variées. »
A la maison, mon Mari et moi cuisinons pratiquement tout nous-mêmes, nous allons chercher la viande et les légumes dans les fermes voisines, lui bricole, moi je couds, on se complète pour le jardin et les tâches ménagères, on trie nos déchets : des choix personnels que nous avons pris ensemble au fur et à mesure de notre vie commune (soit une dizaine d’années) et en fonction de notre situation financière… Mais nous ne sommes pas des militants ; lui comme moi avons horreur des discours moralisateurs et culpabilisants, notamment comme le souligne elisurlefil « pro-bio-ecolo-tralala » ou encore sur la « super-woman-maman-amante-parfaite »!!!
Je crois qu’il faut surtout vivre en accord avec soi-même, avoir du plaisir à faire les choses (sauf pour le ménage, là je ne vois pas trop ^^) et non pas les faire par obligation ou pour obéir à telle idéologie.
Le DIY est pour nous un loisir, une source d’épanouissement et d’apprentissage, et aussi une solution économique.
hello! je suis aussi rassurée de vos messages, car suite au fameux bouquin, j’ai entendu autour de moi des réactions plutôt violentes… du coup je suis en pleine lecture et je trouve ça bien de rappeler que notre indépendance, notre autonomie n’est pas acquise et qu’il faut être vigilantes… Je suis mariée mais n’ai pas d’enfants, je travaille beaucoup (plus pour longtemps…), j’ai pas mal de loisirs la couture étant le principal, et je n’ai pas d’aide pour le travail domestique (oui pour moi c’est un travail, je n’ai aucun goût pour ça). Je trouve qu’autour de moi (quelques copines ayant eu récemment des bébés), un discours un peu limite est né, stigmatisant les femmes qui n’allaitent pas (parce que c naturel), celles qui utilisent des couches jetables (paske c pas écolo), et j’en passe et des meilleures… Mais moi je me demande comment je ferais avec un enfant « en plus »… et je ne ferais certainement pas « parfait »! le choix de nos vies reste dépendant de notre indépendance (jean-claude van damme sort de ce corps!) à mon avis et ces discours tentant de nous culpabiliser en faisant des femmes pas « toute-mère » des mauvaises mères me semblent un peu inquiétant. Je suis donc rassurée de vous lire les girls! Pfff ce fut laborieux mais clair je l’espère…
C’est vrai que les pressions actuelles concernant le maternage sont assez pesantes: si vous n’allaitez pas longtemps, si vous ne portez pas votre bébé, si vous n’utilisez pas des couches lavables….je pense que tout se confond un peu et le progrès n’est pas nécessairement mauvais (concernant les lave vaisselle, je trouve ça génial, je ne vois pas en quoi c’est machiste et en plus il me semble que ça use moins d’eau que les lavages à la main).
On a fait toute un affaire des propos d’E. Badinter sur les couches lavables mais c’est vraiment un détail dans son discours. Je pense que malheureusement elle a raison et que le modèle de « super mère maternante » qui nous est montré à tout bout de champ, et notamment dans les forums et les blog, est en fait assez aliénant : être plus à la maison c’est renoncer aussi à une carrière ou simplement à participer plus à la vie sociale, si les femmes retournent plus à la maison, il est difficile après de demander la parité au niveau des institutions
Merci d’avoir lancé ce débat, très intéressant. Je trouve que toutes les positions sont défendables du moment qu’elles sont librement consenties et partagées au sein du foyer, qu’un des deux du couple ne subit pas la position de l’autre.
Par contre, ce qui m’effare est que nous, les femmes, devons encore justifier nos choix auprès de la société; on ne demande pas à un homme pourquoi il ne souhaite pas d’enfant, on l’acte, on ne demande pas à un homme de justifier ses choix professionnels, domestiques ou autre, rien!
Comme si dans l’inconscient collectif la femme était encore cette incapable majeure qui passe de l’autorité paternelle à l’autorité conjugale. Il n’y a qu’à voir, par exemple, dans la presse l’acharnement de certains contre des femmes (connues, évidemment, sinon c’est pas dans la presse mais dans le quartier
) qui ont choisi de faire un enfant seules, on cherche à tout prix qui peut être le père, on les accuse de mille maux (qui vont de « elle s’est faite larguer avant » à « elle se tape tout le monde et sait même pas qui c’est). Une femme qui assume ses choix sans les justifier passe au mieux pour une chieuse et au pire pour une caractérielle ou une marginale.
Donc, voilà, soyons heureuses et réhabilitons le bras d’honneur
Cette discussion est extrèmement interressante. J’ai été choquée et blessée par les propos de Mme Badinter. Je me suis en effet sentie visée car j’ai allaité 18 mois ma fille (avec plaisir et en ayant repris la travail à temps plein). Je l’ai choisi, et sans sentir aucune pression; au contraire, la pression était plutôt pour que j’arrête… Ma fille a porté des couches lavables et des couches jetables à l’occasion. Elle a mangé des purées maison au maximum (bio) et des petits pots…
Pour moi, c’est un plaisir de lui coudre, tricoter, des choses, mais je lui en achète ou récupère aussi de toutes faites.
Je pense effectivement, que chaque femme doit pouvoir être libre de ses choix. Mais il faut qu’elle les assume.
C’est vrai que quand on commence à entrer dans un mode de vie un peu écolo bio etc, c’est un peu la surenchère à celui qui fera le mieux. Mais si on sait rester modéré, des écarts sont possibles à la ligne directrice que l’on choisi (et qui doit rester modifiable à tout moment)
Je suis également d’accord avec le fait que les gens qui se mèlent de tout en jugeant à l’emporte pièce, c’est insupportable.
J’ajoute un petit mot. Pour moi, qui suis à temps plein actuellement, le mi temps me semble un bon compromis tant que les enfants sont petits. Je l’envisage mais ce n’est pas encore possible car c’est moi qui ai le plus gros salaire pour le moment.
Je travaille en 12 heures en alternant jours et nuits, et c’est difficile de tout assumer. Ma maison est dérangée, le ménage pas trop fait, et je suis fatiguée. Pour ma famille, c’est pas top.
Pourtant, mon mari m’aide beaucoup, mais il va commencer un nouveau job, et il sera mois présent. Et là, je vais avoir du mal à tout faire. Wonderwoman est bien loin… et ça me fiche des complexes quand même.
Je ne sais pas si c’est surfer sur la vague ou tout simplement avoir besoin de profiter de mon petit miracle mais j’ai bosser depuis mes 16ans et là à 23 je deviens maman et je ne bosse plus…
C’est un choix pur et dur qui me semble évident (dans mon cas), j’étais senséé être stéril, la faute a un grave accident de parcourt) et puis elle est arrivée, j’ai passé toute ma vie a voire mon bidon comme un désert froid aride et affreux et voila que la vive le rend fertile doux et chaleureux alors je veux en profiter être près d’elle, et m’occuper de mes trésors!!! Et aussi histoire de réaliser que je rêve pas qu’ils sont tous les deux réels!
Je tiens a ajouté que c’est mon cas et que je pense que l’on devrait avoir toute le droit a un « vrai choix » et ne pas être critiquer pour celui qu’on fait ou fera au final car il n’y pas de sexe prédisposer au bon maniement du balais, de la machine a coudre ou encore de la cuisinière!!!
Je suis contente que tout cela ait donné envie de réagir, manque de pot je n’ai pas eu accès à internet de la journée hier, donc je réponds un peu en vrac.
L’absence d’hommes dans le début de la discussion n’était pas volontaire, ceci dit je me doutais que ça viendrait très vite sur le tapis, je me suis simplement basée sur mon cas personnel et ça me donne l’occasion de faire mon coming out : je vis avec un type en or, drôle, généreux, compréhensif… mais même si sa vie en dépendait il ne passerait pas l’aspirateur. Il ne cuisine pas, ne bricole pas, et comme je bosse beaucoup moins que lui et qu’en prime je me débrouille pour tout ce qui est manuel c’est moi qui me charge de presque tout (il fait tout de même la vaisselle).
Ca m’agace parfois, forcément, mais voila, c’est lui et pas un autre, il faut bien que je m’adapte.
Alors j’ai droit à un autre type de pression : mes amies qui m’expliquent que c’est un scandale et qu’il faut que je le fasse changer. Ceci dit si lui même tentait de me faire changer de force, je suis certaine que les mêmes amies me conseilleraient de le plaquer et de rester fidèle à moi-même.
Bref, pas facile. Peu à peu j’essaie de le convaincre d’adapter certaines habitudes, ça marche mais il est clair que je ne le transformerai pas ; je préfère vivre avec ses défauts que sans lui, et il passe de même sur les miens.
J’ai beaucoup d’amies qui me jurent que leurs copains/maris font la moitié des taches ménagères, c’est cool, mais malheureusement il y a encore beaucoup de mecs qui ont été élevés sans qu’on leur apprenne à s’occuper des tâches ménagères, et qui ont en prime été habitués à ce que ce soit la femme qui s’en charge. D’où une crainte dont je n’ai pas encore parlé, celle de transmettre le même type de comportements à mes éventuels futurs gamins.
Bref, j’espère que si j’en ai j’arriverai à me tenir à un principe éducatif simple : fille ou garçon, faire en sorte qu’en quittant la maison mes gosses sachent se faire à manger, coudre leurs ourlets et changer un joint/une ampoule/un plomb. Bref, le minimum vital à mon avis.
Autre point sur lequel je voulais revenir, c’est le fait que j’ai l’impression que le message d’E.Badinter a peut être été mal compris par ma faute : comme cela a déjà été signalé, je ne pense pas qu’elle jette l’opprobre sur les mères au foyer ou l’écologie, elle insiste juste sur le fait qu’il est important de donner le choix.
J’ai parfois l’impression que le terme « féministe » est très mal considéré, comme s’il était synonyme d’hystérique, ce que je trouve franchement injuste.
On peut ne pas être d’accord avec les actions de certaines féministes du genre extrème (comme on peut ne pas être en accord avec celles de certains écologistes purs et durs d’ailleurs) mais il faut éviter de généraliser et garder à l’esprit que sans le féminisme nous n’aurions pas le droit de vote, et qu’il n’y a rien de choquant à continuer à être vigilants puisqu’encore de nos jours il existe des inégalités entre hommes et femmes.
Merci pour toutes vos réponses en tout cas, c’est réellement passionnant de vous lire.
ps: j’ai trouvé ma nouvelle devise, merci Infinitudes ! « Soyons heureuses et réhabilitons le bras d’honneur »
Très intéressante cette discussion… De mon côté, je serais plutôt d’accord avec Mme Badinter, sur le fait que la tendance écolo-bio-handmade a quand même tendance à renvoyer les femmes et surtout les mères à leur foyer… Et pourtant, je suis mère de 3 enfants, le home/handmade est mon boulot (je crée et vends des modèles et des fournitères de couture/broderie) et je travaille depuis chez moi! Disons que j’ai réussi à trouver un équilibre entre le fait d’être chez moi et de m’occuper au mieux de mes loulous et le fait de conserver une activité professionnelle (mais pas vraiment une indépendance financière!)… Mais je ne pense pas véritablement avoir eu le choix: j’ai eu la « mauvaise » idée de faire 3 enfants avec un homme qui adore bouger dans son boulot et faire carrière (sans franchement réaliser que dans ses conditions, ç et il a bien fallu que je m’adapte à la situation
oups, mauvaise manip, mon com’ est parti avant que je l’aie terminé!
Je disais donc que ma situation ne résultait pas vraiment d’un choix, mais que je n’ai pas réussi à être la superwoman qui arrive à concilier une super carrière qui l’intéresse et 3 enfants épanouis, donc j’ai décidé de bosser depuis chez moi… c’est un moindre mal… Ceci dit, lorsque j’ai des copines qui ont déjà 2 enfants, ce qui est déjà bcp de boulot, je leur conseille de vraiment réfléchir avant de faire un petit 3ème, car là ça devient carrément mission impossible si on n’a pas de la famille pour aider pas trop loin ou un conjoint qui a des horaires pas trop hard… ce qui n’était pas mon cas!
Je reviens pour réagir au commentaire de Saki… effectivement, même si nos hommes sont ouverts, généreux et tout à fait d’accord avec le discours ambiant « partage des tâches » et cgnie, dans les faits, je ne suis pas sûre que tous appliquent leur conviction… en tout cas, le mien, comme celui de Saki, ne fait pas le ménage si on ne lui demande pas. Et comme pour le moment je suis au chômage, c’est évidemment moi qui fait tout ça, car je ne me vois pas lui demander de le faire… mais je crains qu’il ne se soit installé dans cette petite routine bien confortable, comme lorsqu’il habitait chez ses parents. Il fait certes la cuisine, comme le faisait son père (qui est cuisinier), mais c’est à peu près tout. Essayer de le changer est peine perdue, et tout comme Saki, je ne me vois pas vivre sans lui ! Mais je crois aussi que lorsque je reprendrai une activité professionnelle, une grosse discussion s’imposera.
En ce jour triste, nous avons perdu celui qui nous avait si bien rendu hommage au travers de cette chanson :
http://www.youtube.com/watch?v=qbphJHiAfdU
Je découvre la discussion bien tard (cause absence de mon domicile ces dernières semaines). Mais j’ai eu envie de réagir sur un point abordé dans l’article de Saki: la (super)maternité vu par le prisme des blogs.
« Je causais plus haut de discussions que j’ai eu avec des amies et “collègues”, toutes adeptes du DIY* ; il en ressort une crainte générale de perdre l’idée de coudre/tricoter/cuisiner pour le simple plaisir : du loisir on risque de passer sans s’en rendre compte à un genre d’esclavage entretenu par une idée de perfection, à force de surfer d’un blog à l’autre (car oui, nous formons une petite communauté soumise aux même codes que le reste de la société, et si la majorité affirment que faire les choses d’une façon est bien, il peut être difficile d’aller à contre courant). »
A un moment, je trouvais très flippant le conformisme de certains blogs de mamans et l’impression d’une exigence grandissante quand au home-made, à la joie de vivre et j’en passe. Je veux dire qu’au début, on y diffusait ses fringues home-made, puis celles de ses enfants, puis la jolie déco faite sur l’assiette de midi du petit, puis le nouveau coin salon home-made etc. Et tout ceci, on pouvait presque le suivre par vague: un blog commençait en diffusant un de ses éléments et c’est comme ci, ça devenait le truc à faire, à montrer sur son blog. Je ne pouvais pas m’empêcher d’y voir un nouveau diktat, entretenu par une partie de la blogosphère féminine.
).Même si comme tu le dis Saki, on reste soumis aux mêmes codes que le reste de la société, je pense qu’il y a quand même une façon de se positionner et on trouve des blogs à l’inverse où des mamans assument leurs différences ou ne répondent pas à ces tendances. Je me souviens du fou-rire devant un billet où une femme expliquait qu’elle ne faisait pas de calendriers de l’avent home-made comme ils en fleurissaient sur internet et qu’elle voyait pas le pb, ces enfants non plus car ils avaient toujours connus les calendriers achetés…Je préfère les blogs de mères imparfaites!
Il n’y a pas de meilleure maman, d’enfant plus beau qu’un autre (c’est toujours le sien, je crois avoir remarqué
Je n’ai pas d’enfant donc pas trop de pression en termes de tâches ménagères, DIY et autres, je cuisine, couds pour le plaisir, réellement. Je ne sais ce qu’il en sera quand j’aurais des enfants (car j’aimerais en avoir) mais je pense que je ne serai pas à tous les fronts: la cuisine sûrement, les fringues pour les enfants, occasionnellement (vu la durée de vie) et le reste, on verra.